Hors-carte

Avec Ugo Bagnarosa & Charlotte Pinel, Juliette Bensimon-Marchina & Maria Roland, Giulia Boosten, Cécile Colle}{Ralf Nuhn, Yann Desfougères, Loreto Martinez Troncoso, Olivier Morvan, Saphi, sur une invitation de Pierre Feller et Alice Cardenia, avec Mixar

Avec l'exposition Hors-carte, Mixar invite de jeunes artistes à découvrir ou redécouvrir Orléans et son agglomération pour qu'ils y proposent une intervention dans l’espace public. La ville se déplace sans cesse et appelle une lecture des recompositions qui l’affectent. Qu’est-ce qui trame le sens des lieux ? Dans leur travail, ces artistes s’approprient les formes urbaines et leur pratique s’inscrit dans la mobilité et les mutations que nous vivons tous les jours.

Si le musée permet à chacun de découvrir l’art, l’espace urbain est aussi une galerie de formes et d’idées qui contient autant de sens que d’usages. Comment s’articulent les dimensions sensibles du paysage urbain, et comment peuvent se déployer des propositions artistiques dans l’espace public ? Pour aborder ces questions, les artistes multiplient les approches formelles, lesquelles se révèlent pour nous autant d’outils d’appréhension de l’espace à notre usage.

deux_maisons_joel_shapiro, image Pierre Feller
Deux maisons, de Joel Shapiro, à proximité de la gare.
image : Pierre Feller, 2012

Vendredi 30 novembre 2012

Mixar vous invite au vernissage de l'exposition Hors-carte 2, dans l'espace du Bol, à partir de 19h00.

 

Exposition du 30 novembre au 15 décembre 2012,
LE BOL - Le 108, 108 rue de Bourgogne, Orléans

 

• Les images du vernissage

• Les images de l'exposition

 

 

Recto carton invitation Hors-Carte 2, Julie Vérin, Alice Cardénia, Pierre Feller

 

Verso carton invitation Hors-Carte 2, Julie Vérin, Alice Cardénia, Pierre Feller

Précédemment

Samedi 15 septembre 2012

Giulia Boosten nous propose L'expérience intérieure, hommage à Georges Bataille. Le 108 rue du Bourgogne, 3e étage, Orléans, à 19h00.

Samedi 23 juin 2012

> Charlotte Pinel et Ugo Bagnarossa nous proposent Deux, parcours interactif et projection simultanée. Le Bol, 108 rue du Bourgogne, Orléans, à 19h00.

Samedi 30 juin 2012

> Parcours artistique à deux roues, de 13h30 à 19h30 dans la ville d'Orléans.

Mixar vous invite à prendre votre vélo et suivre un parcours pour découvrir les différentes installations des artistes.

L'expérience intérieure

HOMMAGE À GEORGES BATAILLE

Giulia Boosten

 

L'expérience_intérieure_Giulia_Boosten
image : Giulia Boosten, 2012

 

À l'occasion du cinquantenaire de la mort de Georges Bataille (1897-1962), des billets portant des extraits de textes de l'écrivain ont été lâchés en avion au-dessus de la ville d'Orléans, où il passa les dernières années de sa vie en tant que conservateur des bibliothèques. Cette exposition est un retour sur l'événement de septembre 2012.

Deux

Ugo Bagnarosa et Charlotte Pinel

 

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image : Pierre Feller, 2012

 

Samedi 23 juin 2012, Charlotte Pinel et Ugo Bagnarossa ont performés Deux, un parcours poétique sous la forme d'une projection intéractive.

Jardin zen

Yann Desfougères

 

yann desfougères jardin zen image : Pierre Feller
image : Pierre Feller, 2012

 

Jardin zen, installation in-situ de Yann Desfougères, au parc Anjorrant, du 30 juin au 06 juillet 2012.

Totem²

Juliette Bensimon Marchina

 

loreto_martinez_troncoso_ewenn_chardronet image : Pierre Feller
image : Pierre Feller, 2012

 

Totem², installation in-situ de Juliette Bensimon Marchina, sur le duit de la Loire, juin, juillet 2012.

Parcours à vélo

Cécile Colle }{ Ralf Nuhn

 

parcours_vélo
image : Pierre Feller, 2012

 

Parcours à vélo, avec la pièce sonore Antibodies de Cécile Colle et Ralf Nuhn, pour aller à la rencontre des interventions dans la ville, le 30 juin 2012.

Antibodies

Cécile Colle }{ Ralf Nuhn

 

antibodies
image : Julie Verin, 2012

 

Antibodies, pièce sonore et parcours à vélo de Cécile Colle et Ralf Nuhn, le 30 juin 2012.

La fabrique de souvenirs

Saphi

 

saphi_parc_pasteur image : Pierre Feller
image : Pierre Feller, 2012

 

La fabrique de souvenirs, installation ludique de Saphi au parc Pasteur,.

En carne viva ou x... pulsations et entre parenthèses : ( rodéo d’été )

Loreto Martinez Troncoso

 

loreto_martinez_troncoso_ewenn_chardronet
image : Thomas Charmetant, 2012

 

Samedi 30 juin 2012, Loreto Martinez Troncoso a performée En carne viva ou x... pulsations et entre parenthèses : ( rodéo d’été ).

Supports /surfaces

Olivier Morvan

 

Olivier_Morvan image : Pierre Feller
image : Pierre Feller, 2012

 

Supports /surfaces, installation in-situ
d'Olivier Morvan, place Sainte-Croix,
samedi 30 juin 2012.

À propos des projets

Deux

Ugo Bagnarosa et Charlotte Pinel

Projection intéractive
le 23.06.12, 108, Maison Bourgogne, 19h

Deux_Ugo_Bagnarosa_Charlotte_Pinel
Deux
parcours interactif,
projection simultanée,
Ugo Bagnarosa et Charlotte Pinel

 

Deux personnes. Deux parcours. Deux points de vue sur la ville.

 

Le premier chemin n’est que sensations. L’espace de la ville devient sons, odeurs, lumières et perceptions inconnues. L’autre chemin est plus précis, millimétré, orchestré et ne laisse a priori pas de place à l’erreur. La ville devient alors un réseau de noms, de virages. À la croisée des chemins, une rencontre, un échange, et les deux visions se transforment en un chaos imprévisible. Les deux représentations de l’environnement sont à la fois détaillées et réduites, mais les expériences proposées sont radicalement différentes. La confrontation de ces deux regards permet de mettre en évidence les manières que l’on a de vivre la ville, en se plongeant en totale confiance dans sa normalisation, ou en la contemplant au hasard pour la redécouvrir.

 

Deux artistes. Deux voix. Deux points de vue sur la narration.

 

Dans un récit à la fois oral et dessiné, enrichi de projections audiovisuelles sensibles à la voix du narrateur et au geste du dessinateur, les deux histoires se mélangent pour n’en former plus qu’une seule. Par ces ajouts numériques, l’expérimentation devient possible pour tenter de trouver d’autres manières de raconter. On découvre alors de nouveaux espaces d’interprétation.

Rendez-vous samedi 23 juin 2012 dans l'espace du Bol, 108 rue du Bourgogne, Orléans, à 19h00.

Antibodies

Cécile Colle }{ Ralf Nuhn

Pièce sonore,
parcours à vélo,
le 30.06.12, 13h-19h

Cecile_Colle_Ralph_Nuhn
Antibodies
Cécile Colle, Ralf Nuhn

 

Antibodies réagit à l’idée évolutionniste de la technologie, qui prône une croissance excessive que motive la compétitivité, au détriment des limites naturelles en ressources énergétiques et de la tolérance de la nature aux déchets polluants. Le consensus imposé d’un exponentiel développement des technologies oblige à trouver des solutions d’urgence, les plus souvent précaires, sans résoudre fondamentalement le problème posé au départ.
À l’instar des caricatures politiques, les sirènes d’alarme d’antibodies forcent le trait, jusqu’au ridicule, d’une technologie gadgétisante, qui se pose en remède à des situations elles-mêmes alarmantes. Ainsi, on pourra interpréter les alarmes comme la manifestation auto-immunitaire d’un système surenchéri. De même que les maladies dites auto-immunes se déclarent vraisemblablement en réaction à des maladies dites d’abondance.

Rendez-vous samedi 30 juin 2012 pour un parcours à vélo de 13h30 à 19h30 dans la ville d'Orléans.
Télécharger le plan du parcours

La fabrique de souvenirs

Saphi

Installation sonore,
le 30.06.12, Parc Pasteur, 11h - 19h

Saphi
La fabrique de souvenirs
Saphi

 

Dans nos vies quotidiennes, à chaque instant aussitôt dit aussitôt disparu, nos mots nous échappent. Hélas nous ne les entendons pas ou peu. Parfois nos sons de mots résonnent en nous comme un écho mais là c’est dans nos montagnes intérieures où ils se perdent à nous perdre que la scène se déroule. Celle-ci est intime et secrète vous comprendrez qu’elle soit inaccessible et s’en est une bien drôle d’idée de toujours vouloir les exprimer, de tenter de se rappeler même de ceux qui se sont dissipés à tout jamais. En deviendrions-nous fous à lier de nous obstiner dans cette voie sans issue dans cette voix sans effet ? Pas de panique mais juste un peu de pratique. C’est pourtant simple mais pas aussi simple qu’il n’y paraît. Parlez dans le PARLOR, parce que la voix est d’Or et vous entendrez, et glissez ensuite dans l’urne votre mot d’or. Je le réciterai haut et fort une fois la récolte des mots terminées.

Rendez-vous samedi 30 juin 2012 dans l'après-midi au Parc Pasteur, à Orléans.

Supports /surfaces

Olivier Morvan

Installation in-situ,
le 30.06.12, Place Sainte-Croix

Olivier_Morvan
Supports /surfaces
Olivier Morvan

 

Nous arrivons trop tard. Quelque chose à eu lieu /n’a pas eu lieu /devait avoir lieu /pourrait avoir lieu ? Ca perturbe un peu la circulation dans l’espace public (qui doit être fluide) mais pas trop. Devant la cathédrale ça va. Devant le centre commercial les autorités ont refusé. Devant la cathédrale ça va. Il n’y a plus grand monde devant la cathédrale. Les priorités fluctuent selon les époques. Les cultes migrent. Qu’y a-t-il entre la dalle et les planches ? Un transfert. C’est comme un tableau noir / une page blanche / un évènement désactivé : les corps et les mots manquent. À peu près tout manque en somme. Rien à voir. Presque rien. Un assemblage d’arbres coupés transformés. Aucun message. Une absence (la foule est au centre commercial). Fais-en ce que tu veux. Échantillons gratuits avant liquidation totale.

Rendez-vous le samedi 30 juin 2012 place Sainte-Croix, à Orléans.

Totem²

Juliette Bensimon Marchina
& Maria Roland

Installation in-situ,
le 30.06.12,
Duit de la Loire

 

En créant une rupture dans le paysage, Juliette Bensimon-Marchina convoquera une force spirituelle en résonance avec l’espace urbain qui lui fait face. Maria Roland, quant à elle, réalisera différentes lectures de cette oeuvre, la confrontant à d’autres réalisations artistiques grâce à divers documents. Elles interrogeront ainsi sa visibilité au sein de l’espace public et l’événement qui la crée. Par et au-delà la forme, elles mettront en branle l’histoire et l’imagination des passants qui feront naître de nouvelles narrations dans les perspectives créées. L’espace démultiplié n’est plus lui-même, il ne dit plus « je » et peut se raconter sous toutes ses facettes. Il devient une invitation à la re-création. Une re-création de la ville, son discours et ses rumeurs, dans laquelle l’oeuvre apparaît ou disparaît.

Rendez-vous samedi 30 juin 2012 dans l'après-midi au duit, à Orléans.

Jardin Zen

Yann Desfougères

Installation in-situ,
du 30.06.12
jusqu'au 06.07.12,
Parc Anjorrant,
8h - 20h

 

Les espaces verts sont des lieux particuliers au sein des paysages urbains. Ils sont la démonstration de la vacuité des prétentions de la modernité historique à séparer nature et culture, objet et sujet, car ils sont de parfaits exemples d’objets hybrides, de produits conjoints de la nature et de la société. La nature y est assumée comme humanisée, construite par les sciences, la mythologie, les idéologies, les civilisations, les époques et les usages (jardin d’ornement, d’acclimatation, potager, etc.). Si les écosystèmes qui y sont présentés ne sont pas de purs objets naturels découverts par les sciences du vivant, ils ne sont bien évidemment pas non plus de purs objets culturels nés du seul pouvoir d’imagination de leurs créateurs. Ils sont la démonstration de l’art de produire la nature, un endroit idéal pour qui s’intéresse au problème de la représentation.
Ce statut particulier et les problématiques qu’il soulève seront mises en lumières par une pièce dans le parc Anjorrant s’inspirant autant des fabriques de jardin du XVIIIe siècle que des jardins secs japonais et du land art. Elle ne sera pas le produit de la figure mythique du grand ordonnateur, démiurge transformant le Chaos en cosmos qu’on attribue si souvent à tort au jardinier comme à l’artiste. Le style n’y devancera pas la facture puisqu’il s’agira plus modestement d’une nouvelle mise en forme, bricolée in situ à partir des objets présents et de quelques autres rapportés. Un vrai travail de jardinier en somme.

Rendez-vous samedi 30 juin 2012 dans l'après-midi au Parc Anjorrant, rue du Baron, à Orléans.

En carne viva ou x... pulsations et entre parenthèses : ( rodéo d’été )

Loreto Martinez Troncoso

Performance,
le 30.06.12, 108
Maison Bourgogne,
19h30 - 22h

Loreto_Martinez_Troncoso_En_carne_viva
Pèlerinage des femmes épileptiques à Molenbeek-Saint-Jean
Hendrick Hondius, gravure d'après Bruegel l'ancien

 

Car nous sommes où nous ne sommes pas.
Car une simple respiration suffit à faire trembler nos parois.
« Oui. Essayer de comprendre le monde qu’on veut quitter ? Exprimer notre conception du monde et le partager ? Parler de nos sentiments et de nos convictions ? Combattre une belle bataille pour ce qu’on croit. Essayer de comprendre ? De s’expliquer ? Ou se confronter à ce que nous n’osons pas – nous – dire ouvertement. Des sentiments qui échappent au contrôle de notre conscience et qui parfois nous submergent dans un monde sombre. Un monde bien différent de celui qu’on aime et dans lequel nous aimerions nous mouvoir et vivre. »

Rendez-vous samedi 30 juin 2012 au 108 rue du Bourgogne, Orléans, à 19h30.

À propos des artistes

Polychlorobiphényles
et fluorescéine dans
la Chicago River

Yann_Desfougères
Polychlorobiphényles et fluorescéine
dans la Chicago River
aquarelle sur papier, 30x40 cm, 2009
Yann Desfougères

 

Á propos du travail de Yann Desfougères :


Polychlorobiphényles et fluorescéine dans la Chicago River fait partie d'une série d'aquarelles sur papier de petits formats réalisées en 2009 par Yann Desfougères. Loin de l'univers grandiloquant de la peinture romantique, l'artiste fait le choix d'une technique amateur afin d'illustrer ce que nous pouvons interpréter comme des désastres écologiques. Les images choisies et leurs références culturelles (Le lapin aquarellé de Durer, celui d’Eduardo Kac, les eaux vertes d'Uriburu et celles d’Eliasson, les incendies de Turner...), utilisées telles des fragments forts d'un récit dont on ne connait pas l'intrigue, deviennent de véritables énigmes interrogeant notre rapport à la science et au savoir tant par leur picturalité que par leurs titres.

 

Par cette revendication amateur, l'artiste instaure un « jeu sérieux » ou encore « une feintise ludique » dans lesquels le faux (ici le vert de la rivière est dû en vérité à la commémoration de la St-Patrick) n'est pas ici pour tromper mais proposer d'autres lectures, une action poétique. Les images reprises pour réaliser les peintures sont rendues au rang du show revisité. L'auteur/spectateur d'abord imprégné, réinterprète l'image qu'il aime par ses propres moyens et sublime, dans ce cas, l'image de la catastrophe dont l'esthétisation procure une vision mystérieuse et inquiétante.

 

La réapropriation, en bonne logique de productions postmodernes, se réalise dans la plupart des oeuvres de l'artiste. Dans Phénomènes, des photographies tirées d'internet sont retouchées créant des trompe l'oeil subtils, puis réintégrées à un blog. Avec Ciromancie, c'est une pratique divinatoire ancestrale qu'il convoque afin de répondre à des questions scientifiques et sociales contemporaines. Ingénierie du quotidien est, quant à elle, une série sculpturale qui illustre l'appropriation des savoirs et représente des techniques de pointe à l'aide d'objets familiers. La place de la mimèsis pose ici la question de la porosité de l'homme face à son environnement et un profond questionnement à propos de la fracture qui s'opère entre nature et culture.

 


Sans-titre

Juliette_Bensimon-Marchina
Sans-titre, détail
collages photographiques
Juliette Bensimon-Marchina

 

Á propos du travail
de Juliette Bensimon-Marchina :


Juliette Bensimon-Marchina fait apparaître une vision satirique du monde par le dessin. C’est à partir de cette expérience esthétique quotidienne qu’elle fait varier les médiums, les codes et s’adapte aux sujets qu’elle développe. Tour à tour, ses objets deviennent sculptures, accessoires, décors de performance ou installations. Ils réinterprètent son histoire ou celle des personnes et des lieux qu’elle croise. Par là, la mémoire, détachée du souci de vérité, devient une affaire poétique. Juliette Bensimon-Marchina expose un désir insatiable de faire partie intégrante du monde par le truchement d'un humour kitsch et grinçant d’où surgit une inquiétante étrangeté.
Elle se recueille, prie ou danse devant les objets de cultes factices qu'elle crée, comme Totem 1 et 2 à l’Amérique, ou Kebab. Elle s’approprie des objets populaires qui lui deviennent intimes. De cette même façon, elle a réalisé en 2008 Mozo, une performance à Buenos Aires, ou encore des clichés photographiques sur lesquels elle se travestit.

 


D partitions - project space run to fast

Maria_Roland
D partitions - project space run to fast
feutres sur papier
Maria Roland

 

Á propos du travail de Maria Roland :


En 2002, avec l’aide de Martin Glaber et Justine Douve, Maria Roland participe au développement du collectif 63.2° et crée une micro maison d’édition où sont publiés artistes et écrivains. Entre sculpture, son et scénographie, cette propension à vouloir croiser les pratiques artistiques en un tout cohérent, ouvre sur des registres de production tant en image qu’en volume. Les espaces vides alors se remplissent, et donnent matière à l’imagination et à la mémoire de chacun. Elle développe des codes musicaux à partir de représentations spatiales en mouvement et à l’inverse, s’attache à extraire le silence du bruit urbain. C’est à travers ces paradoxes et différents dispositifs que des gris omniprésents prennent des nuances où le tout visible passe à l’invisible. Le point aveugle, axe nerveux central, est mis à jour. La réalité, à travers ses installations, devient alors un no man’s land où le spectateur introduit est un acteur dans une attente constante.

 


Parures

Charlotte_Pinel
Parure
photographie
Charlotte Pinel

 

Á propos du travail de Charlotte Pinel :


Charlotte Pinel est graphiste et photographe. Elle confectionne des parures dont la facture échappe au caractère qu’elles figurent. Par exemple à l’esthétique tribale et guerrière mais réalisées en papier découpé. Ou encore un collier qui éclaire de rayons éphémères la personne qui le revêt.

Puis elle réalise le portrait, en buste de trois quart, d’hommes ou de femmes habillés de ces seules parures. Et de ces séries de portraits hiératiques ressort le vacillement de regards empreints de conviction et de doute, de visages à la fois forts et fragiles. Puisque de l’ornement, de son usage sacré ou profane, il ne reste que la valeur symbolique.

L’ascendance que confère la parure s’en trouve passée aux canons de l’impersonnalité, et l’on découvre alors l’illusion du rempart flatteur de l’ornement propre à chaque civilisation.

 


Perspective

processing_Ugo_Bagnarosa
Perspective, processing
Ugo Bagnarosa

 

Á propos du travail d'Ugo Bagnarossa :


Le rituel de l’information télévisée chaque jour nous coupe la possibilité de parole. Pas de retour face au « conte moderne du présent où le troubadour médiatique raconte l'histoire du jour ».¹ Alors qu’on oppose vrai/faux, hypolepsis/phantasia (l’hypolepsis est la situation où l’âme considère le phénomène comme réel), il existe concurremment une dynamique propre à la construction du sens. L’hypolepsis ne surgit qu’à la condition que la phantasia se manifeste d’abord.² « Car c’est bien par rapport à l’indécision première du vrai et du faux que tentent à chaque fois de prendre position […] les formes (achevées ou non) de la connaissance ».³
Ugo Bagnarossa investit cette voie et crée un espace qui devient lieu de construction du sens. Avec Arcanes, le designer propose une table-écran interactive qui se fait support du conte et de la parole et qui par son fonctionnement induit implicitement un changement d’approche. À cela, il ajoute des objets graphiques dynamiques dont la manipulation est l'expérience première d'un pouvoir de manifestation des images.

Perspective, créé avec Processing, est le prémisse de l'un de ces objets.

1. Mélusine Harlé, École et télévision : le choc des cultures : réalité, mythe, imaginaire, L’Harmattan, 2004, p. 99
2. Paul Audi, Créer, Verdier, 2010, p. 717-722
3. Ibid, p. 720-721

Atelier de Création Expérimentale

Atelier de Création Expérimentale
Atelier de Création Expérimentale
Organisation sans but apparent
Saphi

 

L'A.C.E. se présente pour nous :


Nous sommes lucides, nos désirs sont nouveaux

Si l'imagination est tout ce qui nous reste, alors ce TOUT est une révolution permanente du quotidien.
Nous échappons au conformisme aliénant pour nous réinventer à chaque instant. Nous créons une situation qui échappe à la logique sociale pour jouer à l'imaginer et pratiquer sans plus tarder. Nous devons nous approprier notre histoire et notre existence. Le système marchand a plus de pouvoir sur nous que les individus en ont sur eux-mêmes.
L'imagination est donnée à tous, mais l'imaginaire n'est pas uniquement la rencontre fortuite d'éléments qui composent le hasard. Il y a autre chose… rendre perceptible l'invisible c'est la faculté de se représenter ce qui n'existe pas, et là, les individus sont bien différents.
C'est pourtant un bonheur dément qui s'ouvre devant nous.
Regardez, il vous sourit aussi.
Vous voyez ?
Non ?!
C'est normal l’évidence l’a fait disparaître !

- A.C.E. contre l’installation de la dictature en France -

Exit-Wall

Cecile_Colle_Ralph_Nuhn
Exit-Wall, vidéo, diffusion sur grand
écran, Douvres 2010.
Cécile Colle }{ Ralf Nuhn

 

Á propos du travail de Cécile Colle
et Ralph Nuhn :


Exit-Wall est une installation modulaire composée de centaines de blocs lumineux de sortie de secours. Alors que ces blocs sont utilisés pour indiquer les sorties de secours des espaces publics, Cécile Colle et Ralph Nuhn les emploient comme briques et construisent un mur qui nous fait barrage.

Cécile et Ralph s'emploient à mettre en question la notion spécifique d'interface. Alors que nous souhaitons qu'elle réalise spontanément la jonction entre personnes à language distinct (homme/machine, mais aussi hommes entre eux, à distance physique ou temporelle) les situations produites par l'usage d'interfaces relèvent plus souvent du malentendu et de l'obtuse hétérogénéité des volontés.

De la même façon, entre notre perception et ce que l'on imagine pouvoir atteindre, une incompressible distance peut s'établir. Cécile et Ralph ironisent à la faveur de cette apparition : « Il nous semble nécessaire de douter de la promesse de l'interface et de mettre en cause l'idée que l'interactivité est synonyme de communication, de dialogue et d'échange ».

 


Pour en finir avec…

Dessin_Loreto_Martinez_Troncoso
Jérôme Mulot
Feutre sur papier, 2011

 

Loreto nous fait parvenir sa biographie :


1978 née...; 1999 départ... boursée par... travaille avec...; 2000 félicitée par...; 2001 intervient dans... sélectionnée dans...; 2002 félicitée par... achetée par... pistonnée par... au... vidéo-projectée dans...; 2003 considérée comme artiste française par... pour... annoncée comme « one-woman-show » pour... vidéo-installée dans...collabore avec...; 2004 mange des pattes de poule... collabore avec... participe à... considérée comme « artiste qui travaille sur » pour... par... contactée par... fait une lecture dans le cadre du...; 2005 carte blanche au... « recommandée » comme artiste « digne du plus grand intérêt » par... pour... [...] au... perd sa bouche au...; 2009 annoncée comme « artiste atypique [...] promet de savoureuses surprises » à... (se) documente et (se) registre à la première personne à... en finit finalement avec (?)... rêve... (et) fait une « —...bonne performance pour un dimanche » au... et une conférence « —...optimiste! » avec..., comme un seul homme ou... un homme seul, au... finit avec... au... ne fait pas une comédie... et, oui, quelque chose de spectaculaire à deux au... la ferme (?) à..., depuis... parle avec son silence... entre autres.

1. El País, sábado 21 junio 2008

Ligne de fuite

Ligne_de_fuite_Olivier_Morvan
Ligne de fuite, détail
Guirlande clignotante barbelée
Olivier Morvan

 

Á propos du travail d'Olivier Morvan :


Ligne de fuite (2009) est l’une des manifestations du singulier Projet Escapologique mené par Olivier Morvan. Graphique et onirique, ce projet s'échafaude et s'arpente au travers d’installations et d’interventions qu’il nous est donné de découvrir au sein d’expositions et résidences depuis 2006.
Si le geste artistique conjure et transfigure le chaos de l’angoisse, le travail d’Olivier Morvan, lui, se nourrit d’une navigation au travers même de l’appréhension. À chaque manifestation, l'artiste pose ses cartes et de nouveaux indices et preuves s’ajoutent aux pièces d’un puzzle en constante expansion. Entre milieu carcéral et divagations sans limite, une matière noire et poétique se noue de nuances et se noie dans les paradoxes. L’image et son interprétation se dérobent dans un abîme riche en fantasmes. Une machine créatrice de sens tourne dans les galeries nerveuses de l'imagination, territoire dénué de fil d’Ariane.
Face à ce travail, c’est à la fois à une mémoire collective et une sensibilité toute sienne que le spectateur se raccroche. Il peut jouer de la fiction, jouir de la situation et s’émerveiller devant l’aspect magique et troublant d’une constellation de symboles et d’analogies. Au-delà d'un jugement de goût ou de forme, la porte est ouverte à une multitude de récits construits par la subjectivité de celui qui voit et ressent.

 


« Cette rue, elle portera toujours le même nom ! »

Les_Carmes_projet_Giulia_Boosten
Détail du livret, projet :
Giulia Boosten, Birke Borth

 

Á propos du travail de Giulia Boosten


Giulia Boosten est intervenue à Orléans, dans l’hôtel Dupanloup, avec une installation textuelle et graphique qui entretient une grande proximité avec le travail de Robert Barry.
En juin 2011, lors d'un autre projet réalisé dans la rue des Carmes, durant les travaux de la nouvelle ligne de tram, Giulia a collecté des paroles de passants et réalisé in situ l'affichage éphémère des phrases entendues : la sélection retenue avait partie liée avec la mutation en cours dans la rue, à ce moment provisoirement fermée à la circulation automobile. Chacun semblait devoir s'exprimer à propos de l'identité de la rue qui encore aujourd'hui est affectée de nombreuses transformations. L’édition d’un livret a accompagné cette initiative.
Avec ces interventions questionnantes, Giulia attire notre regard vers l'incessant renouvellement urbain – l’hôtel Dupanloup est actuellement l’objet de réfection et d'aménagement intérieur – c'est l'occasion de reconsidérer la question patrimoniale et notre relation avec la ville héritée.