Hors-carte

Avec Ugo Bagnarosa & Charlotte Pinel, Juliette Bensimon-Marchina & Maria Roland, Giulia Boosten, Cécile Colle}{Ralf Nuhn, Yann Desfougères, Loreto Martinez Troncoso, Olivier Morvan, Saphi, sur une invitation de Pierre Feller et Alice Cardenia, avec Mixar

Jardin Zen

Yann Desfougères

 

Jardin Zen, Yann Desfougères, Parc Anjorrant, image : Pierre Feller, 2012

image : Pierre Feller, 2012

 

Jardin Zen (détail)

Yann Desfougères

Les espaces verts sont des lieux particuliers au sein des paysages urbains. Ils sont la démonstration de la vacuité des prétentions de la modernité historique à séparer nature et culture, objet et sujet, car ils sont de parfaits exemples d’objets hybrides, de produits conjoints de la nature et de la société. La nature y est assumée comme humanisée, construite par les sciences, la mythologie, les idéologies, les civilisations, les époques et les usages (jardin d’ornement, d’acclimatation, potager, etc.). Si les écosystèmes qui y sont présentés ne sont pas de purs objets naturels découverts par les sciences du vivant, ils ne sont bien évidemment pas non plus de purs objets culturels nés du seul pouvoir d’imagination de leurs créateurs. Ils sont la démonstration de l’art de produire la nature, un endroit idéal pour qui s’intéresse au problème de la représentation.
Ce statut particulier et les problématiques qu’il soulève seront mises en lumières par une pièce dans le parc Anjorrant s’inspirant autant des fabriques de jardin du XVIIIe siècle que des jardins secs japonais et du land art. Elle ne sera pas le produit de la figure mythique du grand ordonnateur, démiurge transformant le Chaos en cosmos qu’on attribue si souvent à tort au jardinier comme à l’artiste. Le style n’y devancera pas la facture puisqu’il s’agira plus modestement d’une nouvelle mise en forme, bricolée in situ à partir des objets présents et de quelques autres rapportés. Un vrai travail de jardinier en somme.