Écoles & formations

Les écoles supérieures d'art publiques : DNA, DNSEP et place du numérique

Écoles & formations · · Publié le 2026-10-27

Photographie ancienne d'un cours de peinture : des élèves travaillent debout ou assises à leurs chevalets dans un grand atelier
Cours de peinture à l'Art Students League de Washington, vers 1900. Photographie de Frances Benjamin Johnston, domaine public (Bibliothèque du Congrès). Illustration générale.

Pour devenir artiste plasticien en France, il n'existe aucun diplôme obligatoire. Mais une grande partie des artistes passent par un réseau d'écoles publiques peu connu hors du milieu : les écoles supérieures d'art et de design, placées sous la tutelle du ministère de la Culture. Elles forment aussi bien des peintres que des créateurs sonores, des vidéastes ou des artistes qui travaillent le code. Voici comment elles sont organisées et ce qu'elles délivrent.

Un réseau d'écoles publiques

Le nombre exact d'écoles varie selon les sources et le périmètre retenu. France Compétences, qui tient le répertoire national des certifications, indique que le DNA est délivré dans 40 écoles supérieures d'art et de design accréditées. L'Onisep parle d'une quarantaine d'écoles relevant du ministère de la Culture. Les écoles sont réunies au sein d'une association nationale, l'ANdÉA, qui publie la liste de ses membres.

Ces écoles n'ont pas toutes le même statut. Une minorité sont des écoles nationales, établissements publics de l'État : c'est le cas de l'École nationale supérieure d'art de Bourges. Les autres sont des écoles territoriales, portées par des villes ou des agglomérations, souvent sous la forme d'établissements publics de coopération culturelle. Toutes délivrent les mêmes diplômes nationaux, sous le contrôle pédagogique du ministère de la Culture, et sont évaluées par le Haut Conseil de l'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur (Hcéres).

Elles ne doivent pas être confondues avec les écoles privées d'art ou de design, nombreuses, dont les diplômes n'ont pas la même valeur : seule une école publique accréditée délivre le DNA et le DNSEP.

Le DNA, premier cycle de trois ans

Le diplôme national d'art sanctionne un premier cycle de trois ans, soit 180 crédits européens (ECTS). Il confère le grade de licence. La première année est en général commune ; les étudiants choisissent ensuite une option, art, design ou communication, parfois déclinée en mentions propres à chaque école.

L'enseignement repose sur l'atelier, la pratique et le projet personnel, complétés par des cours théoriques (histoire de l'art, philosophie, langues). Les ateliers techniques donnent accès à des outils que l'on trouve rarement ailleurs : gravure, céramique, bois, métal, photographie argentique, mais aussi studios son, plateaux vidéo, salles de montage et, de plus en plus, outils de fabrication numérique.

Le DNSEP, second cycle de deux ans

Le diplôme national supérieur d'expression plastique se prépare en deux ans après le DNA. Il correspond à un niveau bac + 5 et confère le grade de master. Le ministère de la Culture s'était engagé à ce que toutes les écoles délivrent à terme un DNSEP valant grade de master ; les accréditations, établissement par établissement, figurent dans les rapports du Hcéres.

Le second cycle est centré sur le projet de l'étudiant et sur l'écriture d'un mémoire. La soutenance du diplôme réunit un jury qui examine à la fois les œuvres et le mémoire. Certaines écoles proposent ensuite un troisième cycle, sous forme de post-diplômes ou de programmes de recherche ; l'école de Bourges délivre ainsi un diplôme supérieur de recherche en art (DSRA).

Comment y entrer

L'entrée en première année se fait sur concours ou sur examen d'entrée, après le baccalauréat ; chaque école publie ses modalités d'inscription et son calendrier. Les épreuves varient : dossier de travaux, entretien, parfois épreuves pratiques. Des admissions en cours de cursus, en deuxième, troisième ou quatrième année, sont possibles devant une commission d'équivalence, pour des étudiants venant d'autres formations.

Avant de candidater, il est utile de visiter les journées portes ouvertes et les expositions de diplômes : on y voit mieux qu'ailleurs la couleur d'une école, ses ateliers et ce qu'elle encourage.

Le numérique dans les écoles d'art

Dans une école d'art publique, le numérique n'est pas une filière à part : il est présent dans les trois options. On y trouve des ateliers de son, de vidéo, d'images de synthèse, de programmation créative, d'électronique ou d'impression 3D, selon les écoles. Plusieurs établissements ont développé des pôles ou des laboratoires de recherche consacrés à ces pratiques, en lien avec des universités ou des lieux de création.

Pour choisir, regardez plutôt :

Hors les écoles, de nombreuses structures associatives transmettent aussi ces savoir-faire, comme nous le montrons dans notre article sur les labs associatifs et fablabs culturels.

Et après le diplôme ?

La sortie d'école est un moment délicat. Les diplômés perdent d'un coup l'accès aux ateliers, aux machines et au collectif. Plusieurs voies existent : un post-diplôme, comme celui du Fresnoy, Studio national des arts contemporains, une résidence, un collectif d'artistes, ou la recherche d'un lieu de travail. Sur ce dernier point, notre guide pour chercher un atelier en sortant d'école détaille les ateliers municipaux, les logements-ateliers et les précautions à prendre avant de signer. Il faut aussi, dès les premiers revenus artistiques, s'inscrire au régime des artistes-auteurs.

Sources