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L'aide individuelle à la création des DRAC : conditions, montant et dossier

Institutions & financements · · Publié le 2026-10-27

Tableau du XVIIe siècle montrant un jeune peintre assis devant sa toile dans un atelier
Barent Fabritius, Jeune peintre dans son atelier, XVIIe siècle. Domaine public (reproduction Web Gallery of Art).

Pour beaucoup d'artistes plasticiens, la première aide publique obtenue est une aide de la direction régionale des affaires culturelles (DRAC). L'aide individuelle à la création, ou AIC, finance un projet précis, et elle est ouverte aux pratiques numériques. Ses règles sont simples à énoncer mais faciles à mal lire : voici ce qu'en dit la fiche officielle du ministère de la Culture, et ce que cela implique au moment de monter le dossier.

Ce que finance l'AIC

L'aide individuelle à la création est une aide de l'État, versée par les DRAC (ou les directions des affaires culturelles dans les outre-mer), pour permettre à un artiste de mener un projet de recherche ou de création. Selon la fiche publiée dans le catalogue des démarches et subventions du ministère de la Culture, elle couvre les frais de documentation et de production, ainsi que la rémunération du travail artistique. Ce dernier point mérite d'être souligné : l'aide n'a pas vocation à payer seulement du matériel ; le temps de l'artiste fait partie du budget.

Les domaines éligibles sont ceux des arts visuels, entendus largement : peinture, dessin, sculpture, installation, performance, photographie, vidéo, art numérique, graphisme, design, stylisme et mode. Une œuvre générative, une installation interactive, une pièce sonore spatialisée présentée comme œuvre plastique ou un projet de réalité virtuelle conçu pour un lieu d'exposition peuvent donc relever de l'AIC.

Qui peut la demander

La fiche du ministère fixe des conditions cumulatives. Le demandeur doit être un artiste professionnel, en activité, résidant en France, disposer d'un numéro SIRET, être affilié au régime social des artistes-auteurs et exercer dans les arts graphiques ou plastiques. Les collectifs peuvent déposer un dossier, à condition de présenter une candidature unique, au nom d'un membre mandaté.

Plusieurs exclusions sont explicites :

Enfin, l'AIC n'est pas cumulable la même année avec une aide à l'installation d'atelier (AIA), autre dispositif des DRAC. Si vous préparez à la fois un déménagement d'atelier et un projet de création, il faut choisir quelle aide demander cette année-là. La recherche du lieu lui-même, entre ateliers municipaux, logements-ateliers et locations privées, fait l'objet de notre guide pour trouver un atelier ou un logement-atelier.

La condition d'affiliation au régime des artistes-auteurs est souvent la plus mal comprise. Nous la détaillons dans notre article sur le statut d'artiste-auteur et l'Urssaf.

Montant, calendrier, décision

Le montant maximal indiqué par la fiche du ministère est de 8 000 euros par demandeur. C'est un plafond, pas un forfait : la somme accordée dépend du projet, du budget présenté et des crédits disponibles dans la région.

Le dépôt se fait en ligne, sur une période fixe. Pour l'année 2026, la fiche indiquait une ouverture le 2 janvier et une clôture le 28 février à 23 h 59, heure de Paris ; à la date où nous écrivons, elle précise que le dépôt des dossiers au titre de 2026 est clos. Le calendrier de 2027 est à guetter sur la même page et auprès du conseiller arts plastiques de votre DRAC.

Les dossiers sont examinés par une commission consultative, qui apprécie l'intérêt artistique du projet, ses conditions de réalisation et la démarche professionnelle du demandeur. En l'absence de réponse dans un délai de neuf mois, la demande est réputée rejetée.

Après l'aide : impôt, cotisations, rapport

L'aide doit être déclarée au titre de l'impôt sur le revenu et des cotisations sociales : ce n'est pas une somme « hors revenus ». Il faut aussi adresser au service régional un rapport final sur le projet, dans un délai d'un an après la réception de l'aide.

Ce rapport n'est pas une formalité à négliger. Il montre que le projet a été conduit, et il constitue une pièce utile pour une future demande, auprès de la DRAC comme d'autres financeurs.

Monter un dossier solide pour un projet numérique

Les commissions voient beaucoup de dossiers. Pour un projet qui recourt au code, au son ou à l'image en mouvement, quelques précautions aident à être compris :

  1. Décrire l'expérience, pas seulement la technique. « Une installation avec capteurs et moteur de rendu temps réel » ne dit rien de ce que vivra le visiteur. Commencez par ce que l'on voit, entend et fait.
  2. Montrer des étapes de travail. Une maquette, un prototype filmé, des captures d'écran datées valent mieux qu'une promesse.
  3. Chiffrer honnêtement. Matériel, licences éventuelles, prestations techniques, documentation, et votre rémunération. Un budget sans rémunération de l'artiste contredit l'objet même de l'aide.
  4. Anticiper la conservation. Indiquer comment l'œuvre sera documentée (code archivé, schémas, captations) rassure sur sa pérennité.
  5. Distinguer création et diffusion. Les frais d'une exposition prévue ailleurs ne sont pas éligibles ; présentez-les à part si vous voulez montrer que le projet a un débouché.

Si votre projet relève davantage de l'audiovisuel immersif que des arts plastiques (une œuvre en réalité virtuelle pensée comme un film, par exemple), le guichet adapté peut être le Centre national du cinéma : voir notre article sur le fonds d'aide à la création immersive du CNC. À l'échelle nationale, le Centre national des arts plastiques propose aussi ses propres soutiens.

Trois questions à poser à votre DRAC

  1. Quelles sont les dates de dépôt pour l'année prochaine ?
  2. Un projet en collectif doit-il être porté par un membre précis ?
  3. Quelles pièces la commission juge-t-elle indispensables pour une œuvre non matérielle ?

Sources